Vous êtes fragile, âgé ou suivi pour une maladie chronique, et le Covid circule déjà ? La vaccination ne démarre que le mardi 13 octobre, et le ministère de la Santé refuse de l'avancer. Des épidémiologistes disent pourtant de ne pas attendre : voici ce qu'ils recommandent.
En bref
- La campagne de vaccination contre le Covid et la grippe commence le mardi 13 octobre, sauf à Mayotte et à La Réunion.
- Les passages aux urgences pour suspicion de Covid ont augmenté de 22 % en une semaine, soit 114 passages de plus.
- Le ministère juge l'impact sanitaire faible, mais un épidémiologiste conseille de se faire vacciner le plus vite possible si l'on est à risque.
Le chiffre clé : 22 % de hausse des passages aux urgences pour suspicion de Covid en une semaine.
Le calendrier reste fixé au mardi 13 octobre
La vaccination contre le Covid-19 est couplée à celle contre la grippe. Les deux commencent à partir du mardi 13 octobre. C'est ce que prévoit le courrier envoyé par le ministère de la Santé aux professionnels le lundi 22 septembre.
Il existe une exception : à Mayotte et à La Réunion, la campagne a déjà commencé. Si vous y vivez, vous n'avez donc pas à attendre.
Face à la hausse des cas, des soignants demandent de lancer la campagne tout de suite. Le ministère répond que « à ce stade, les indicateurs ne montrent pas de situation justifiant » de l'anticiper. Pour l'instant, la date ne bouge pas.
Les chiffres montent, mais le ministère les juge encore bas
Dans son dernier bulletin hebdomadaire, Santé publique France relève une hausse de 22 % des passages aux urgences pour suspicion de Covid. Cela représente 114 passages de plus que la semaine précédente.
Le réseau Sentinelles, qui compte les consultations chez les généralistes, voit la même tendance. Entre le 21 et le 27 septembre, les infections respiratoires aiguës ont augmenté dans toutes les tranches d'âge, avec 576 cas déclarés. Cette hausse vient surtout des rhinovirus et du Sars-CoV-2.
| Indicateur | Ce que disent les sources |
|---|---|
| Urgences, suspicion de Covid | +22 %, soit 114 passages de plus en une semaine |
| Infections respiratoires aiguës en médecine générale | 576 cas déclarés du 21 au 27 septembre, en hausse dans toutes les tranches d'âge |
| Grippe | Taux de positivité en baisse dans l'Hexagone |
L'entourage de la ministre Stéphanie Rist insiste : le virus circule, mais l'impact sanitaire reste faible au niveau national comme dans les régions de l'Hexagone. Selon le ministère, Santé publique France ne signale aucune situation préoccupante liée à la grippe ou au Covid.
Les médecins qui voient les malades parlent de retard
Jérôme Marty, généraliste à Villemur-sur-Tarn en Haute-Garonne et président du syndicat UFML, voit défiler des patients atteints du Covid depuis plusieurs semaines. Il ne décolère pas.
« Comme toujours, ce n'est pas l'intérêt du patient qui compte, mais celui du système. »
Ces mots sont ceux de Jérôme Marty, rapportés par franceinfo. Il reproche aussi l'absence de message de santé publique, par exemple pour rappeler de porter le masque quand on a des symptômes.
L'épidémiologiste Mircea Sofonea rappelle que le Covid circule dès la fin de l'été pour la troisième année de suite, plutôt fin août ou début septembre. Selon lui, il faut une à deux semaines pour que le vaccin soit pleinement efficace. Démarrer en octobre, c'est donc se priver d'une efficacité maximale. Il estime que le pic pourrait arriver d'ici la fin de la semaine, et que le vaccin aurait idéalement dû être proposé dès août.
Pourquoi il est difficile d'avancer la date
L'épidémiologiste Eric d'Ortenzio, de l'Institut de recherche pour le développement, parle de fortes contraintes logistiques. Le courrier du ministère est paru après la mi-septembre. Les commandes de vaccins n'ont donc pu être passées qu'à partir de la fin du mois, et les pharmacies ne seront livrées que dans les jours qui viennent.
Il y a aussi la grippe. Avancer le Covid obligerait à avancer aussi la grippe, puisque les deux campagnes sont couplées. Or, selon Marie-Anne Rameix Welti, de l'Institut Pasteur, cela rendrait le vaccin antigrippal moins efficace : il protège entre six et huit mois, alors que le pic de grippe arrive en général à partir de janvier.
La chercheuse reconnaît toutefois que, si ce Covid de fin d'été se confirme chaque année, il faudra s'interroger sur cette double campagne. La saisonnalité du virus n'est pas encore bien établie.
Ce que les personnes fragiles peuvent faire d'ici là
Le message d'Eric d'Ortenzio est clair : maintenant que l'épidémie est là, il faut se faire vacciner le plus vite possible. Il insiste d'autant plus pour les plus de 65 ans et les personnes à risques. Il cite les femmes enceintes et les personnes atteintes de comorbidités ou de maladies chroniques.
Concrètement, voici ce que disent les sources :
- Si vous faites partie de ces profils, ne comptez pas attendre sans raison une fois les vaccins disponibles : la campagne s'ouvre le 13 octobre.
- Les pharmacies doivent recevoir leurs doses dans les jours qui viennent, d'après Eric d'Ortenzio.
- À Mayotte et à La Réunion, la vaccination est déjà ouverte.
- Les médecins déplorent qu'on ne rappelle pas de porter le masque en cas de symptômes.
Pour les plus fragiles, Marie-Anne Rameix Welti recommande une seconde injection pendant la campagne de printemps. Elle couvrirait la période d'août et septembre, quand le Covid recommence à circuler.
Vos questions
À quelle date commence la vaccination contre le Covid ?
La campagne, couplée à celle contre la grippe, débute le mardi 13 octobre. À Mayotte et à La Réunion, elle a déjà commencé. Le ministère de la Santé ne prévoit pas de l'avancer.
Pourquoi le ministère refuse-t-il d'avancer la campagne ?
Il estime que les indicateurs ne montrent pas de situation qui le justifie : l'impact sanitaire reste faible et la grippe recule. Il existe aussi des contraintes logistiques, car les commandes de vaccins n'ont pu être passées que fin septembre.
Que recommandent les épidémiologistes aux personnes à risques ?
Eric d'Ortenzio conseille de se faire vacciner le plus vite possible, surtout après 65 ans et en cas de maladie chronique ou de grossesse. Marie-Anne Rameix Welti suggère aux plus fragiles une seconde injection lors de la campagne de printemps.
Sources : franceinfo.