Vous avez moins de 26 ans, ou vous bénéficiez de la complémentaire santé solidaire ? Depuis le 1er octobre, une culotte ou une coupe menstruelle réutilisable vendue en pharmacie peut être remboursée : 60 % pour les moins de 26 ans, 100 % avec la CSS. Voici quoi demander au comptoir, et pourquoi la livraison peut traîner.
En bref
- Les moins de 26 ans obtiennent le remboursement à 60 % de deux produits par an, sans condition de ressources.
- Les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire sont remboursés à 100 %, quel que soit leur âge.
- Seuls les produits de laboratoires agréés vendus en pharmacie comptent, et certaines pharmacies n'ont pas encore tout reçu.
Le chiffre clé : 60 % de prise en charge par la Sécurité sociale pour les moins de 26 ans.
Les moins de 26 ans sont remboursés à 60 %, la CSS à 100 %
Depuis jeudi 1er octobre, la Sécurité sociale rembourse une partie des culottes et des coupes menstruelles réutilisables. Condition impérative : le produit doit être vendu en pharmacie. Le dispositif vise la précarité menstruelle et concerne environ 6,5 millions de Françaises selon un décompte, 6,7 millions de personnes selon un autre.
Première catégorie : les moins de 26 ans. Aucune condition de ressources n'est demandée. Chaque année, elles peuvent obtenir deux coupes ou deux culottes, remboursées à 60 % par la Sécurité sociale.
Seconde catégorie : les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (CSS). Pour elles, la prise en charge monte à 100 %, et l'âge n'entre pas en ligne de compte.
| Profil | Prise en charge | Quantité |
|---|---|---|
| Moins de 26 ans | 60 % par la Sécurité sociale, sans condition de ressources | 2 coupes ou 2 culottes par an |
| Bénéficiaire de la CSS, tout âge | 100 % | 2 produits par an |
Carte Vitale et attestation de mutuelle suffisent au comptoir
À la pharmacie, deux documents suffisent : votre carte Vitale et votre attestation de mutuelle. C'est ce qui permet de viser un achat sans reste à charge, dans la limite de deux produits remboursés par an et par personne.
Voici ce qu'il est utile de dire ou de demander au pharmacien :
- Que vous venez pour une culotte ou une coupe menstruelle remboursable, et non pour une protection classique.
- Si le produit proposé fait bien partie de ceux pris en charge, puisque seuls des produits conformes à un cahier des charges le sont.
- Si la commande est arrivée, car toutes les pharmacies n'ont pas encore été livrées.
- Ce qu'il resterait éventuellement à payer une fois la Sécurité sociale et votre complémentaire passées.
Si vous êtes à la CSS, signalez-le dès le départ : c'est cette situation qui ouvre la prise en charge à 100 %, même au-delà de 26 ans.
Une culotte remboursable doit résister à 52 lavages à 30 °C
Tous les produits ne se valent pas aux yeux de l'Assurance maladie. Un arrêté publié au Journal officiel fixe un cahier des charges strict, avec des critères de composition et de qualité. Pour une culotte menstruelle, les exigences chiffrées sont les suivantes :
- au moins trois couches distinctes ;
- une capacité d'absorption minimale de 20 ml ;
- une résistance à au moins 52 lavages à 30 °C ;
- au minimum huit tailles proposées par le fabricant ;
- un prix de vente en pharmacie plafonné à 14,40 euros hors taxes, soit 19 euros TTC.
Les laboratoires qui commercialisent ces produits doivent en outre être agréés. Un article vendu hors pharmacie n'entre pas dans le dispositif, même s'il ressemble à ceux qui y figurent.
Votre pharmacie n'a pas forcément reçu sa commande
De nombreux pharmaciens disent avoir passé commande, mais tous n'ont pas été livrés. Il est donc possible de repartir bredouille dans les premiers jours, sans que ce soit un refus de remboursement.
« Je pense que ça va se mettre en route progressivement. »
Clarisse Romont, qui tient La Pharmacie de la gare à Vanves (Hauts-de-Seine), citée par franceinfo.
Cette pharmacienne explique que le cahier des charges est assez drastique et que les laboratoires doivent être agréés. Elle estime que les officines seront livrées, mais que le 1er octobre était peut-être un peu tôt pour que les clientes viennent en demander.
Le plus simple : téléphoner avant de vous déplacer, pour savoir si les produits sont en rayon ou à commander.
Un budget de 100 à 150 euros par an que la mesure veut alléger
Pour une femme qui a ses règles, l'achat de serviettes ou de tampons revient en moyenne à 100 à 150 euros par an. Plus d'une femme sur dix doit même recourir à des solutions de fortune faute de moyens. Le remboursement cherche à réduire cette précarité menstruelle.
Le lancement pèse aussi sur les fabricants. Dans le Gard, l'usine du groupe Eminence à Sauve, partenaire de la marque Elia, a adapté sa chaîne pour produire 2 000 culottes par jour, contre 2 000 par mois habituellement.
La cofondatrice Marion Goilav et le directeur du site Kader Lasla saluent une avancée sociale historique. Ils regrettent toutefois un niveau d'exigence minimal dans le cahier des charges, qui pourrait fragiliser les entreprises produisant en France face aux articles importés d'Asie à bas coût.
Vos questions
Qui peut se faire rembourser une culotte ou une coupe menstruelle ?
Les femmes de moins de 26 ans, sans condition de ressources, et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, quel que soit leur âge. Le produit doit être vendu en pharmacie.
Que faut-il présenter à la pharmacie ?
Votre carte Vitale et votre attestation de mutuelle. Le remboursement est limité à deux produits par an et par personne.
Pourquoi mon pharmacien n'a-t-il pas encore le produit ?
De nombreux pharmaciens ont commandé, mais les livraisons ne sont pas toutes arrivées. Les laboratoires doivent être agréés selon un cahier des charges strict, et une pharmacienne prévoit une mise en route progressive.
Sources : 20 Minutes, franceinfo.